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Histoire

HISTORIQUE DE LA MAISON DE LA VIERGE

L’Histoire moderne de la Maison de Marie commence, dans la première moitié du XIXe siècle, dans le lit de malade d’une paysanne nommée Catherine Emmerickş, en Allemagne, sur les bords du Rhin,  dans la région de  Dülmen, en Westphalie, Elle est atteinte d’une maladie incurable qui la tient alitée, dans les douleurs, depuis douze ans. Mais elle trouve consolation dans ses visions du Jésus-Christ et de Marie.

La durée de ces visions, sa descriptions, avec des détails extraordinaires, de personnages, d’événements et lieux qu’elle ne pouvait avoir connus, avait attiré l’attention et provoqué l’admiration de l’opinion publique et de certains intellectuels. L’un d’eux, le poète romantique allemand Clemens Brentano s’installa à Dülmen, comme « secrétaire » de Catherine Emmerick.

Au long des jours il prit note de ce que disait Catherine, concernant la vie de Jésus-Christ et de Marie. En revoyant le matériel amassé, Brentano pensa l’éditer et en 1835 il publiait un livre intitulé : "La douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ". Après sa mort, en 1842,  était publiée "La Vie de la Vierge Marie, selon les visions de Anne Catherine Emmerick".

Dans l’avant-dernier chapitre de ce livre il est écrit : ce qui suit : "Après l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Marie vécut trois ans à Sion, trois ans à Béthanie et neuf ans à Ephèse, où Jean l’avait conduite peu après que les Juifs eurent exposé sur la mer Lazare et ses sœurs. Marie ne demeurait pas à Ephèse même, mais dans les environs, où s’étaient établies déjà plusieurs femmes de ses amies. Son habitation était située à trois lieues et demie d’Ephèse, sur une montagne qu’on voyait à gauche, en venant de Jérusalem, et qui descendait rapidement sur Ephèse. En venant du sud-est, on aperçoit la ville comme ramassée au pied d’une montagne, mais on la voit d’étendre tout autour à mesure qu’on s’avance. Devant Ephèse, se trouvent de grandes allées d’arbres, sous lesquels  des fruits jaunes se trouvent par terre. Un peu au midi, d’étroits sentiers conduisent sur une hauteur couverte de plantes sauvages; puis on trouve une plaine ondulée  et couverte de végétation qui a une demi-lieue de tour: c’était là que s’était fait cet établissement. C’est une contrée très solitaire, avec beaucoup de collines agréables et fertiles, et quelques grottes creusée dans le roc, au milieu de petites places sablonneuses. Le pays est sauvage sans être stérile; il y a ça et là beaucoup d’arbres à forme pyramidale, dont le tronc est lisse et dont les branches ombragent un large espace.

Lorsque Saint Jean conduisit là la sainte Vierge, pour laquelle il avait fait construire une maison d’avance,  quelques familles chrétiennes et plusieurs saintes femmes résidaient déjà dans cette contrée. Elles demeuraient, les unes sous des tentes, les autres dans les grottes qu’on avait rendues habitables à l’aide de quelques charpentes et de quelques boiseries. Elles y étaient venues avant que la persécution n’eût éclaté dans toute sa violence. Comme elles tiraient parti des grottes qui se trouvaient là et des facilités que présentait la nature des lieux, leurs demeures étaient de vrais ermitages, séparés souvent  d’un quart de lieue les uns des autres. La maison de Marie était la seule en pierre. A quelque distance derrière cette maison, le terrain s’élevait et aboutissait, à travers des rochers, au point culminant de la montagne, du haut de laquelle, par delà les collines et les arbres, on voyait la ville d’Ephèse et la mer  avec ses nombreuses îles. Ce lieu était plus voisin de la mer qu’Ephèse elle-même, qui en était à une certaine distance".

LE PREMIER RECIT DE LA DECOUVERTE

La découverte de Meryem Ana est liée à un épisode de vie conventuelle. Sœur Marie de Mandat Grancey, supérieure des Filles de la Charité chargées de l’hôpital français d’Izmir, écoutant un jour à table la lecture de ce passage de la "Vie de la Vierge", entendit décrire les détails qui ont trait à la "maison d’Ephèse Elle demanda au Père Jung et au Père Poulin, deux Lazaristes qui enseignaient au Collège du Sacré Cœur à Izmir et qui venaient célébrer la messe à l’hôpital, de vérifier la véracité da ces "révélations".

Le Père Poulin raconte ce qui arriva en ces jours de manière détachée et assez captivante. “Vers la mi-novembre 1890, la Vie de la Sainte Vierge par Anna Katharina Emmerick, tomba entre les mains de quelques prêtres demeurant à Izmir. Ces prêtres, il faut l’avouer, n’étaient rien moins que bien disposés en faveur de ses prétendues révélations. Ils lurent pourtant son livre.

Grand fut leur étonnement de ne trouver, au lieu des rêveries auxquelles ils s’attendaient, que simplicité, candeur, droiture et bon sens.

Ils firent part de leur lecture et de leurs impressions à leur entourage. De longues et intéressantes discussions s’engagèrent,     les uns, la majorité, critiquant avec verve et humour; les autres - ceux qui avaient lu - répliquant avec une patience infatigable que, sans trancher la question de fond, il y avait au moins trois mérites qu’on ne pouvait dénier aux visions de Katharina Emmerick: celui de la bonne foi, celui de la piété, celui enfin de n’avancer rien qui ne puisse cadrer parfaitement avec les données de l’Evangile…"

Dans le deux derniers chapitres, la voyante raconte que la Sainte Vierge a séjourné à Ephèse, ou plutôt aux environs d’Ephèse, dans une maison bâtie pour elle par Saint Jean. Et là-dessus elle entre dans les détails les plus minutieux et les plus précis, non seulement sur la maison elle-même, mais sur le pays environnant, sur le site, l’orientation, sur les distances, etc..., etc..., etc.

A'cette lecture il n’y eut qu’un cri dans les deux camps: II faut aller voir! Et, il fut décidé qu’on irait voir. On ne pouvait en effet souhaiter meilleure occasion, d’un côté comme de l’autre, pour saisir la voyante en flagrant délit de fausseté ou constater jusqu’à l’évidence sa parfaite véracité.

Le plus sceptique des opposants - non le moins compétent dans la matière - fut chargé de l’expédition ( le Père Jung ). Il prit avec lui un autre prêtre, ancien soldat de 1870 comme lui et presque aussi incroyant, un domestique pour les bagages, un homme du chemin de fer, et il partit, fermement résolu à fouiller toute la montagne pour bien établir qu’il n’y avait rien, et en finir une fois pour toutes, comme il disait, avec ces rêveries de fille... Nous allons voir comment ce fut tout le contraire qui arriva...

Le 29 Juillet 1891, un mercredi, jour dédié à Saint Joseph, et fête de Sainte Marthe, on s’engagea résolument dans la montagne, boussole à la main, et allant droit devant soi, dans la direction indiquée par Anna Katharina Emmerick. Enfin, vers onze heures, ils finissent par atteindre un plateau qu’ils trouvent couronné par un champ de tabac où travaillent quelques femmes.

En tout autre moment, la vue de ces femmes, de ce champ en culture, n’eût pas manqué de frapper leur attention. Mais dans l’état d’accablement où ils sont, harassés de fatigue, mourant de soif et de chaleur, ils n’ont tous qu’une seule pensée et qu’un cri: Néro! Néro! De l’eau!... de l’eau!

Nous n’avons plus d’eau, disent les bonnes femmes; mais là- bas, au Monastiri, il y a une source; et de la main elles leur indiquent un bouquet d’arbres à dix minutes de là. Ils y courent.

Quelle n’est pas leur surprise, lorsqu’en approchant de la fontaine, ils découvrent, à quelques pas, cachées sous les grands arbres, comme les ruines d’une vieille maison ou chapelle!

Tout à coup une pensée jaillit dans leur esprit. Ce champ qu’ils viennent de traverser... cette ruine antique... ce nom qu’on lui donne de Panaya -Kapulu, “Porte de la Vierge”... ces rochers à pic... cette montagne derrière... cette mer en face??? Quoi! est-ce qu’ils seraient tombés, sans le savoir, sur la maison qu’ils cherchent!... L’émotion est vive. Vite! il faut s’en assurer.

Katharina Emmerick dit que, du haut de la montagne qui abrite la maison, on doit apercevoir Ephèse d’un côté, et de l’autre la mer, plus rapprochée qu’elle n’est d‘Ephèse. On oublie fatigue, chaleur, soif. On grimpe, on court, on arrive au sommet de la montagne, plus de doute! Voilà sur la droite Aya Solouk, le Prion et la plaine d’Ephèse qui l’entoure en fer à cheval; et voici, sur la gauche, la mer tout près, avec Samos en vue!

Il serait difficile d’exprimer le saisissement et la joie de nos explorateurs. Cependant il ne faudrait pas se laisser prendre à quelques apparences. Il s’agit donc de se bien assurer avant de porter un jugement quelconque, avant surtout de parler. Les deux jours qui suivent sont employés à étudier maison, terrain, orientation, lieux avoisinants, etc. Après ces deux jours d’examen et d’étude, la conviction était faite. Nos hommes revinrent alors à Izmir faire part aux amis et aux ennemis de leur étourdissante découverte.

Quinze jours après, 13 août, une seconde expédition se rendit sur les lieux pour contrôler le rapport de la première. Elle constata le bien fondé de tout ce qu’avaient dit les auteurs de la première expédition, et même elle releva certains détails nouveaux, favorables, qui avaient échappé la première fois.

Du 19 au 25 août, troisième expédition, composée du chef de la première et de quatre ou cinq laïques, instruits.

Cette troisième expédition demeura une semaine entière sur le terrain, mesurant, dessinant, photographiant, relevant avec toute l’exactitude possible chaque point quelque peu important. Après six jours de ce travail, elle rentra à Izmir avec plans, cartes, mesures, dessins, photographies, et surtout avec l’assurance la plus entière qu’on avait trouvé, et qu’il n’y avait plus à chercher ailleurs. Disons enfin que l’autorité diocésaine en a elle-même parlé, consacrant en quelque sorte par son propre témoignage tous les témoignages précédents, et leur donnant par le caractère officiel de sa parole le dernier sceau de la véracité et de l’authenticité.

Le jeudi 1er décembre 1892, Mgr. Timoni, Archevêque d’Izmir, de qui Ephèse relève, voulant se rendre compte par lui-même de l’exactitude des rapports qui lui étaient faits de divers côtés, se transporta de sa personne, en compagnie d’une douzaine de notables tant laïques qu’ecclésiastiques, audit lieu de Panaya-Kapulu. Après avoir attentivement tout observé de ses propres yeux, Sa Grandeur reconnut comme tout le monde qu’il y avait ressemblance indéniable entre la maison de Panaya-Kapulu et celle que décrit Katharina Emmerick, et elle n’hésita pas à consigner le fait dans un procès-verbal public et officiel. “Le temps est venu de dire au monde chrétien. Voyez si ce qui a été trouvé n’est point la maison que la Sainte Vierge a habité pendant son séjour à Ephèse?”